DES LA RENTREE : VOYAGE AU PAYS FON AU DEPART DE LA GALERIE BERGGRUEN
Par xavier le mardi 18 août 2009, 17:32 - Lien permanent
Le Hwé Li - prononcez
houéli – appartient au panthéon vaudou. Rarement exposées en France, ses
représentations sont pourtant l’illustration d’un art africain ancestral.Du 8
septembre au 8 octobre, c'est à dire très prochainement, l’Espace
Berggruen dévoile tout un pan de cette religion animiste, à travers 25 pièces
glanées par Pierre Amrouche au cours de ses nombreux voyages en pays Fon et
Mina, du Bénin au Togo.
Pierre Amrouche relate dans
son carnet de voyage : « Rendant visite en 1991 à un devin guérisseur
mina à Agbobo, près de Togoville au Togo, j’avais remarqué la présence
intrigante d’une excroissance sortant du sol devant le seuil de la maison
principale du guérisseur. Enfoncé dans le sol à mi-corps, parfois directement
dans la terre ou parfois enchâssé dans une butte cylindrique ou conique
construite en terre ou enduite de mortier », le « Hwé Li » se
retrouve dans de nombreux pays d’Afrique, au Togo, au Benin, au Nigeria.
Le Hwé Li, « une
affaire de famille»
En langue Fon,
« Hwé » signifie « maison », et « Li » :
implantation, chemin, axe. De fait, « le Hwé Li est comme la racine
rituelle de la maison, sa base, sa fondation », explique dans un entretien
au catalogue avec Pierre Amrouche le sculpteur togolais Paul Ahyi qui expose
ses dessins de Hwé li en même temps que les poteaux de l’exposition.
Le Hwé Li « protège la
maison contre les voleurs et détecte l’adultère. Toutes les femmes doivent
l’enjamber avant d’entrer dans la maison… si elles sont fautives d’avoir
entretenu des rapports avec un autre homme que leur mari, le Hwé Li sortira du
sol pour les frapper. », apprend encore Pierre Amrouche.
Alliant le bois et le fer,
cet objet de culte « veille plus généralement sur ceux - gens et bêtes -
qui font partie de la maison, pour en détourner les mauvais esprits et les
sortilèges », relate Maximilien Quenum, déjà intrigué par l’objet en 1936
dans son carnet de « Voyage Au Pays Fons ».
De la figuration à
l’abstraction
Si l’on trouve parfois des
Hwé Li anthropomorphes, l’essentiel de ces pièces présentées sont
« composées d’une colonne de bois dur (iroko, bois de fer) plus ou moins
rectiligne et travaillée, surmontées d’un cimier de fer en forme de lame de
houe. » Ces sculptures présentées à l’Espace Berggruen témoignent de la
modernité d’un art primitif, proche de l’art brut et de l’art conceptuel, qui
exprime avec force le passage de la figuration à l’abstraction. Trois d’entre
elles sont actuellement exposées par la maison Hermès.
L’exposition de Hwé Li en
septembre à l’espace Berggruen est une invitation au voyage à travers la magie,
la beauté et les mystères de la culture Africaine.
Le catalogue de
l’exposition, rédigé par Pierre Amrouche, est accompagné de nombreuses photos
de terrain et de documents.
Pratique
L’Espace
Berggruen
68-70 rue de
l’Université – 75007 Paris
Tél. 01 42 22 12 51 /
Fax. 01 42 22 14 44
Commentaires
une autre maniere de voir les choses!! :)