SCULPTURES D'ASIE : LA COLLECTION VERITE AUX ENCHERES....EN OCTOBRE
Par xavier le dimanche 21 juin 2009, 17:11 - Lien permanent
C'est encore un peu lointain, et aurons d'ici là
l'occasion d'en reparler, mais sachez dores et déjà que c'est une vente aux
enchères exceptionnelle qui aura lieu le dimanche 18 octobre prochain, à
l’Hôtel Drouot.
En effet, "Enchères Rive Gauche" mettra envente
une centaine d’oeuvres asiatiques de la collection Vérité. Initié dans les
années 1920 par Pierre et Suzanne Vérité, puis enrichi par Claude et
JanineVérité, cet ensemble a été constitué par deux couples passionnés par les
formes.
A propos de ces oeuvres, Claude Vérité confiait :
« Chaque objet fut pour moi comme unerencontre »… Parce qu’ils racontent
comment l’oeuvre d’art naît du dialogue établi entre’homme et l’objet avec
lequel il entre en résonance, ces mots font écho à ceux d ’André Malraux : «
L’art ne s’apprend pas, il se rencontre »
Depuis leur acquisition par la famille Vérité, ces
oeuvres asiatiques sont restées éloignées du marché de l’art. Elles n’en
révèlent pas moins l’oeil avisé des Vérité qui ont su en déceler la qualité
incontestable. Pierre et Suzanne Vérité nouent des liens avec les milieux
artistiques et intellectuels de Montparnasse dès les années 20 à Paris, alors
capitale de l’art. Ils se rendent fréquemment chez les marchands où se créent
leurs premiers coups de coeur pour les arts africains et asiatiques. Voyant
passer ici fétiche Fang, là un Bouddha chinois, Pierre et Suzanne Vérité font
entrer chez eux l’art d’Extrême Orient.
Claude Vérité rejoint la galerie avec son épouse
Janine, dans les années 50. C’est à cette époque qu’ils se familiarisent avec
les esthétiques et les cultures asiatiques ; ils acquièrent progressivement des
oeuvres indiennes et du Sud-Est asiatique. Ces oeuvres ne sont alors pas
destinées à la galerie ; elles rejoignent le patrimoine familial.
Des sculptures, encore des sculptures,
toujours plus de sculptures… Réalisées entre le IIème et le XIX ème siècles ;
en bois, en pierre ou en bronze, ces oeuvres diverses ont de multiples origines
: la Chine, le Japon, l’Afghanistan, le Tibet… L’unité de cet ensemble réside
dans le sacré, essentiel dans la forme statuaire asiatique. « L’artiste
oriental, écrivait André Malraux dans Le Musée Imaginaire, avait traduit les
formes en un style qui les faisait accéder au sacré, selon des valeurs dont la
plus constante était l’éternel. »
La Chine est représentée en une quinzaine
d’objets, sans qu’aucune période majeure de la sculpture chinoise ne soit
oubliée. Le corpus donne la part belle à l’art bouddhique, illustré notamment
par deux grands visages sereins, taillés dans le bois. Plusieurs sculptures en
bronze des époques Ming (1368-1644) et Qing (1644-1911) rappellent les liens
étroits qui unissent les bouddhismes chinois et tibétains. La permanence
et la majesté de l’hindouisme s’incarnent dans près de vingt statues qui
illustrent la richesse de son panthéon et la variété des cultures abritées sous
cette religion millénaire, du Rajasthan au Tamil Nadu en passant par le Madhya
Pradesh. Vishnu – le Protecteur de l’Humanité, Shiva – le Destructeur et le
Régénérateur, Brahmâ – le Principe Suprême, tous les grands dieux sont là,
accompagnés de leurs épouses Parvati ou Shri Devi. Leurs enfants les entourent
: Skanda – dieu de la Guerre, Chamunda – Protectrice de la foi, Ganesh – dieu à
tête d’éléphant.
L’Asie du Sud-Est est également très présente ;
l’affrontement entre les Khmers et les Thaïs s’inscrit dans la pierre et le
bronze. Une grande représentation en bronze du dieu Shiva datant du début du
Xème siècle résume à elle seule l’importance de l’art Khmer dans la statuaire
asiatique… avant d’être supplanté à partir du 14ème siècle par les écoles
thaïlandaises de Lanna, Sukothaï ou Ayutayia.
Une centaine d’oeuvres de la collection Vérité
nous invitent à traverser l’Asie de part en part. La scénographie est confiée à
Nathalie Crinière. Ainsi, sans s’égarer ni s’essouffler, l’esprit, conduit par
le regard, voyage dans un battement de paupières, des montagnes d’Afghanistan
aux temples d’Angkor Vat, d’une Inde sensuelle vers un Tibet inaccessible…
Pratique :
Hôtel Drouot- salles 5 et 6
Exposition des oeuvres / vendredi 16 et samedi
17 octobre de 11h à 18h et dimanche 18 octobre de 11h à
12h
Vente / dimanche 18 octobre 2009 à
15h