Jusqu'au 30 juin,  Adonis J.P. Dall’Anese V. Lagriffoul Haider exposent leurs oeuvre s(Collages, Sculptures et Peintures) à la galerie Talbot sur le thème :"D’où venons-nous ? où allons nous ?"

Ces quatre artistes constituent les quatre éléments différents du questionnement qui taraude l’homme, notamment l’artiste : d’où venons-nous ?où allons nous ? les dessins d’ animaux sur les grottes d’Altamira et le célèbre tableau de Gauguin sont d’infimes jalons dans ce continuum métaphysique. Le cinquième élément, c’est cette exposition à quatre à la galerieTalbot qui propose un parcours lié par le matiérisme onirique cher à Patrick Couliou, directeur de la galerie. Les résonances entre ces artistes s’articulent autour des notions d’archéologie, de traces, de plis, de blessures originelles, de la confrontation de l’histoire personnelle avec l’universel, de voyages à travers des cultures et des civilisations qui empruntent à l’Orient, inventant un « orientalisme contemporain » libéré de tout passéisme mais s’appuyant sur des siècles de recherches et de connaissances. Les collages d’Adonis qui superposent des lambeaux de tissus ou de chiffons sur des calligraphies de poètes arabes font ainsi écho aux sculptures de Véronique Lagriffoul, marquées aussi bien par la statutaire Grecque que l’art conceptuel, passant de la terre au bronze sur le thème du pli, s’adonnant au mouvement, virevoltant avec les tensions, à l’unisson avec Adonis.

Des plis et déploiements dans les espaces d’Adonis et de Véronique Lagriffoul qui convoquent d’autres écritures pour déplier leur parole, il est tentant de glisser vers les strates de matières du peintre Haider et du sculpteur Jean- Pierre Dall’Anese qui nous confrontent, si l’on peut dire, à une archéologie de la trace du pli. Haider, né près d’Ur, coeur de la Mésopotamie et cité historique d’Abraham, nous ramène à l’Orient avec la gravité des terres ocres et les particules de sable qui jonchent ses toiles. Ses signes, stridences graphiques, sont autant d’empreintes mystérieuses, légères, poétiques, tout aussi mystérieux que les compositions d’Adonis. Jean-Pierre Dall’Anese défriche lui aussi les strates de vies oubliées. Forgeron, tailleur de bois, alchimiste, il marie le métal et le bois, martèle, sépare, relie et délie les replis de la mémoire : les nervures du bois qui s’ouvre et se fend ou surgissent de ses galets de fer et bronze sont les plis des meurtrissures et des déchirures du créateur confronté au mystère de l’origine de l’homme et de la création.

Informations : Patrick Couliou, Directeur de la Galerie Talbot
Tél. / Fax : 33 (0)1 43 26 14 90 – Mob. : 33 (0) 6 16 19 09 87 www.galerietalbot.com