Salons et Marchés d'ART CONTEMPORAIN : LE MEILLEUR COMME LE PIRE !
Par xavier le lundi 20 avril 2009, 20:17 - Lien permanent
A l'heure où , comme chaque printemps le veut, fleurissent salons, marchés
et autres rencontres d'art contemporain, à Paris comme ailleurs, espérons que
vous avez profité des mois précédents pour affûter votre oeil et approfondir
plus encore vos connaissances en la matière. Pourquoi ? Tout simplement pour ne
pas vous lancer sur n'importe quoi au cas où vous viendriez à vous porter
acquéreur d'une oeuvre. Aussi, n'est-il jamais mauvais de vous remémorer
quelques conseils basiques qui auront au moins le mérite de vous éviter de
vous morfondre en regrets dans quelques mois, si ce n'est quelques semaines...
après votre achat.
En préambule, rappelons que pour certains salons, le risque est
parfois moindre dès lors où un jury a présidé à la sélection des artistes. Pour
d'autres, ce n'est pas le cas, ce qui signifie en général que la porte est
ouverte au meilleur comme au pire ! Quoiqu'il en soit, il est certains reflexes
dont tout éventuel acheteur ne doit jamais se départir.
Poliakoff revu et mal corrigé
En peinture, par exemple : partez à la recherche d'artistes réellement
originaux -et ils existent- plutôt que de porter votre dévolu sur des "oeuvres"
vous rappelant tel ou tel grand nom ! Que ne voit-on pas en la matière ! Que ne
subissons-nous pas ! Du Poliakoff revu et mal corrigé, du Van Dongen
outrancé, du Viléglé maltraité et du Wharol à la sauce Grand-Veneur !
N'allez surtout pas vous imaginer que j'invente ou exagère ici. C'est
malhereusement la triste réalité. Quant à la peinture "déco", eh bien là, il
n'y a que peu à dire puisque c'est le plus souvent avec votre mètre que vous
venez, histoire de savoir si la "création", pourra être accrochée sans encombre
entre la porte de la salle de bain et celle de la cuisine ! Dès lors, tout est
dit. Mais sachez que là également, certains artistes possèdent un pinceau bien
plus talentueux que d'autres.
En sculpture, évitez le "fameux" bêton cellulaire
Même chose en sculpture. Puisque la mode est à l'inuite et l'aztèque
cubisant, on ne se réfrène pas côté plagieurs. Sans oublier les Arman, les
César et autre Henry Moore qui doivent parfois se retourner dans leur tombe !
Concernant toujours cette même discipline qu'est la sculpture, ne tombez pas
dans le panneau d'oeuvres réalisées dans des matériaux tendres et guère nobles
du style bêton cellulaire (nommé également sous différentes appellations un peu
plus racoleuses) mais dont les particularités sont de pourvoir être travaillé
avec une grande rapidité, avec facilité et pour en terminer d'être très
friables ! C'est bien-sûr pour les deux premières raisons que ce matériau est
généralement mis à la disposition des élèves sculpteurs pour "se faire la
main".
Des books très très flatteurs
Ceci étant dit, mais on pourrait tant en écrire dans ce domaine, soyez
vigilants quant aux prix. Les salles de ventes aux enchères sont un baromètre
qui ne trompe pas tout le temps. La crise est passée et continue de passer par
là, tout particulièrement dans le domaine des arts plastiques, si on veut bien
faire abstraction des très grandes signatures et des oeuvres majeures qui
passent, peu nombreuses au demeurant, sous le marteau des
commissaires-priseurs. Et ne perdez jamais de vue que ce n'est pas parce qu'une
oeuvrette d'un artiste s'est vendue ici ou là aux enchères, que le prix atteint
instaure une cote. Ca se saurait si tel était le cas. Enfin, dernier conseil
utile, le "book" d'un artiste ne constitue pas , lui non plus, une gage de
notoriété. Là également, ça se saurait ! Ils sont tellement flatteurs ces books
réalisés dans la plupart des cas par des professionnels de l'écriture !
Maintenant, à vous de jouer !
Xavier de Lacombe-Maury