A l'heure où , comme chaque printemps le veut, fleurissent salons, marchés et autres rencontres d'art contemporain, à Paris comme ailleurs, espérons que vous avez profité des mois précédents pour affûter votre oeil et approfondir plus encore vos connaissances en la matière. Pourquoi ? Tout simplement pour ne pas vous lancer sur n'importe quoi au cas où vous viendriez à vous porter acquéreur d'une oeuvre. Aussi, n'est-il jamais mauvais de vous remémorer quelques conseils basiques qui auront au moins le mérite de vous éviter de vous morfondre en regrets dans quelques mois, si ce n'est quelques semaines... après votre achat.
En préambule, rappelons que pour certains salons, le risque est parfois moindre dès lors où un jury a présidé à la sélection des artistes. Pour d'autres, ce n'est pas le cas, ce qui signifie en général que la porte est ouverte au meilleur comme au pire ! Quoiqu'il en soit, il est certains reflexes dont tout éventuel acheteur ne doit jamais se départir.
Poliakoff revu et mal corrigé
En peinture, par exemple : partez à la recherche d'artistes réellement originaux -et ils existent- plutôt que de porter votre dévolu sur des "oeuvres" vous rappelant tel ou tel grand nom ! Que ne voit-on pas en la matière ! Que ne subissons-nous pas ! Du Poliakoff revu et mal corrigé, du Van Dongen outrancé, du Viléglé maltraité et du Wharol à la sauce Grand-Veneur ! N'allez surtout pas vous imaginer que j'invente ou exagère ici. C'est malhereusement la triste réalité. Quant à la peinture "déco", eh bien là, il n'y a que peu à dire puisque c'est le plus souvent avec votre mètre que vous venez, histoire de savoir si la "création", pourra être accrochée sans encombre entre la porte de la salle de bain et celle de la cuisine ! Dès lors, tout est dit. Mais sachez que là également, certains artistes possèdent un pinceau bien plus talentueux que d'autres.
En sculpture, évitez le "fameux" bêton cellulaire
Même chose en sculpture. Puisque la mode est à l'inuite et l'aztèque cubisant, on ne se réfrène pas côté plagieurs. Sans oublier les Arman, les César et autre Henry Moore qui doivent parfois se retourner dans leur tombe ! Concernant toujours cette même discipline qu'est la sculpture, ne tombez pas dans le panneau d'oeuvres réalisées dans des matériaux tendres et guère nobles du style bêton cellulaire (nommé également sous différentes appellations un peu plus racoleuses) mais dont les particularités sont de pourvoir être travaillé avec une grande rapidité, avec facilité et pour en terminer d'être très friables ! C'est bien-sûr pour les deux premières raisons que ce matériau est généralement mis à la disposition des élèves sculpteurs pour "se faire la main".
Des books très très flatteurs
Ceci étant dit, mais on pourrait tant en écrire dans ce domaine, soyez vigilants quant aux prix. Les salles de ventes aux enchères sont un baromètre qui ne trompe pas tout le temps. La crise est passée et continue de passer par là, tout particulièrement dans le domaine des arts plastiques, si on veut bien faire abstraction des très grandes signatures et des oeuvres majeures qui passent, peu nombreuses au demeurant, sous le marteau des commissaires-priseurs. Et ne perdez jamais de vue que ce n'est pas parce qu'une oeuvrette d'un artiste s'est vendue ici ou là aux enchères, que le prix atteint instaure une cote. Ca se saurait si tel était le cas. Enfin, dernier conseil utile, le "book" d'un artiste ne constitue pas , lui non plus, une gage de notoriété. Là également, ça se saurait ! Ils sont tellement flatteurs ces books réalisés dans la plupart des cas par des professionnels de l'écriture !
Maintenant, à vous de jouer !
 
Xavier de Lacombe-Maury